Car la poésie est liée à la vérité. Elle est parfaitement réelle. Elle est ce point de pureté du réel qui, lorsqu'on le perçoit, fait de nous des êtres humains incarnés et vivants, manifestations du divin, spiritualisant la matière. Notre tâche d'homme , je ne cesse de le répéter: déplier l'absolu en nous.
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Nous ne sommes le but de personne. Et personne n'est notre but.
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Dieu se réveillera-t-il un jour de sa sieste ou le rêve du monde se poursuivra-t-il aussi longtemps que son sommeil ?
Pourquoi faudrait-il être sage et aussi puisque les hommes pensent que les femmes sont folles, et puisque la nature a fait le sexe de la femme à la taille de tous les sexes d'hommes, comment se faudrait-il limiter à un seul.
C'est la même force qui sous-tend la contamination de cette araignée qu'est devenu Internet, qui abolit toute forme de distance, d'espace, supprimant, de fait, la possibilité d'aller et de venir, d'être en mouvement, donc vivant.
Les poètes le savent, les prophètes et les saints : que les mots sont aussi sexuels que le corps des femmes et que le souffle les fécondent s'ils se laissent épouser.
Dans la même œuvre
Seul celui qui a totalement accepté la solitude peut prétendre être accompagné.
Et pourquoi nous ne partons pas ? Pourquoi nous ne quittons pas nos foyers rassurants où l'ennui nous fixe plus sûrement qu'aucun élan nous transcende, pourquoi nous ne filons pas un soir avec trois chemises dans une valise ? Parce que nous avons peur, parce qu'il nous a été enseigné qu'il n'y a point de salut hors du foyer, de la famille, de la société, d'un emploi stable, et pourtant il n'y a rien de plus faux.
La littérature est faite d'hommes et de femmes qui, à l'aide du verbe, perforent littéralement le monde pour y faire surgir le réel. Là est la connaissance, là est le vrai travail, là est l'amour.
Nous croyons être dans le temps en étant dans le monde mais nous ne sommes que des formes qui courent derrière leur nom à la recherche de leur demeure véritable. La seule chose que chaque homme désire est : rentrer chez soi. La seule chose qui en empêche chaque homme est qu'il a oublié le nom, le lieu et le chemin qui mène à sa demeure.
Je n'étais pas encore assez déçue par le monde, j'en espérais toujours quelque chose. Tant que cela perdurait, ce que je cherchais ne pouvait se produire. C'est ce à quoi sert l'expérience, l'humilité de l'expérience. Il ne faut pas lutter, il faut s'abandonner. Car l'expérience a tout son temps. Nous seuls sommes pressés. L'expérience, elle, a l'éternité